Le Maroc rugit de nouveau
Zap'in - Foot
Écrit par Saïd El Abadi   
Mercredi, 16 Novembre 2011 10:58
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Saïd El Abadi

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Depuis quelques temps et AVEC la prise de pouvoir d'Eric Gerets à la tête des Lions de l'Atlas, le Maroc revient sur le devant de la scène. Pourquoi, comment ? Décryptage de ce retour au premier plan.


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"Come back ". C'est ce que l'on pouvait lire en vert et rouge (les couleurs du pays) le 9 octobre dernier dans les tribunes du stade de Marrakech, lors de la dernière rencontre qualificative pour la CAN 2012 entre le Maroc et la Tanzanie (3-1). Après un début d'éliminatoires au diesel (match nul contre le Centrafrique puis défaite face à l'Algérie), les Lions de l'Atlas ont trouvé leur rythme de croisière, jusqu'à décrocher la première place de leur groupe, significative de qualification. Les supporters ne s'y trompent pas, l'équipe nationale va mieux et fait de nouveau rêver. La recette ? Un coach et des joueurs de qualités ? Mais pas que.

Traversée du désert et remise en question
Avant de décrocher le précieux sésame pour se rendre en Guinée Equatoriale et au Gabon (que le Maroc rencontrera en compagnie du Niger et de la Tunisie) en janvier prochain, Les Lions de l'Atlas ont longtemps connu le néant. Depuis 2004 et sa finale perdue lors de la Coupe d'Afrique face à la Tunisie (pays hôte) 2-1, le royaume chérifien n'a plus rien eu à se mettre sous la dent et frôle le ridicule ; aucune qualification en Coupe du Monde depuis 1998 et une élimination au premier tour lors de la CAN 2008 au Ghana. Pourtant cette équipe de 2004 était de qualité emmenée par des Chamakh, Hadji et Zaïri entre autres et Badou Zaki aux commandes de la sélection avait su mettre en place une équipe digne de ce nom. Mais l'éviction de Zaki a tout chamboulé et remis le pays dans une longue traversée du désert qui a vu la succession de six sélectionneurs (Philippe Troussier, Mhamad Fakhir, Henri Michel, Fathi Jamal, Roger Lemerre et Hassan Moumen) avant l'arrivée de Gerets.

Cependant, ce retour n'est pas seulement propre qu'au carré vert. Si le royaume chérifien est l'un des seuls pays arabes à ne pas avoir connu de révolution (Printemps arabes, NDLR), la FRMF (Fédération Royale Marocaine de Football) a donné un grand coup de balai en interne. Cette dernière était dirigée, de la bouche d'anonymes, par « d'incompétents, ne préférant que s'empiffrer que de trouver de réels solutions au football marocain ». Cela se passe de commentaire.

Aujourd'hui, tout cela fait partie du passé ou du moins, il reste dans les esprits pour ne plus reproduire les mêmes erreurs. Pour cela, il a tout fallu restructurer. A commencer par le championnat ! Le « Botola », championnat professionnel, a été mis en place. La formation est de plus en plus privilégiée. Le sélectionneur, Eric Gerets, ne fait lui pas de détail en ce qui concerne l'origine du club et donne sa chance à tous. Son objectif : avoir une équipe compétitive. C'est ainsi que des Mehdi Carcela (né en Belgique de mère espagnole et de père marocain) ou d'autres ont rejoints les Lions de l'Atlas. Abdoulaye Konko (Lazio) ou encore Da Costa (Lokomotiv) pourraient être appelés à leur tour. Mais la fédération ne compte pas que sur ces binationaux pour grandir. La formation a aussi son mot à dire. La sélection des « Olympiques » (les Espoirs) est dirigée par Pim Verbeek. Pour rappel, le sélectionneur hollandais fut l'entraîneur adjoint de l'équipe nationale de la Corée du Sud sous Guus Hiddink pendant la Coupe du Monde de 2002 et aussi sous Dick Advocaat en 2006. Autrement dit, il a le bagage pour permettre aux Espoirs de perdurer. D'ailleurs, cette sélection accueille quelques « Français » comme Yacine Qasmi (PSG). A noter que les espoirs marocains disputeront un tournoi de qualifications pour les JO de Londres en 2012.

Economie et organisation.
L'autre élément important et qui marque une renaissance du football marocain, c'est l'organisation d'événements. Après des échecs répétitifs afin d'accueillir la phase finale de la Coupe du Monde (2006 et 2010), le pays a décidé de procéder autrement. Les stades prévus pour 2010 ont finalement été conservés... et cela s'est avéré payant. Après avoir décroché la CAN 2013, le Maroc s'est aussi adjugé les Championnats du Monde des clubs en 2013 et 2014. Dernièrement, la LG Cup (perdu par le Maroc) a été organisé à Marrakech. Enfin, l'un des éléments les plus importants reste l'arrivée de nouveaux sponsors et de soutiens d'entreprises. Le marketing sportif et le sponsoring sont très importants pour faire perdurer une équipe. Sans soutien, sans confiance et surtout sans argent, il n'y a rien malheureusement. C'est ainsi que Maroc Telecom est devenu le partenaire officiel des équipes nationales. La FRMF recevra 120 millions de Dirhams (soit environ 11 millions d'euros) sur quatre ans.

Tout est réuni pour que le Maroc renoue avec son passé voire mieux. Le sélectionneur, les joueurs, la fédération et l'économie sont là. Seulement, pour perdurer, il convient de persévérer sur et en dehors du terrain. Prochaines étapes pour Gerets et les siens : la CAN 2012 en janvier et les qualifications pour le Mondial 2014 qui débuteront en septembre 2012.

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