Hervé Mathoux : «Le Canal Football Club, c'est l'ambiance du stade sans les fumigènes»
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Écrit par Jeoffrey Voltzenlogel   
Mercredi, 26 Novembre 2008 00:00
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Jeoffrey Voltzenlogel

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Présentateur vedette de Canal Plus, Hervé Mathoux revient en exclusivité pour Intalk sur le lancement de sa nouvelle émission : le «Canal Football Club». Son émission récolte de bonnes critiques, mais pas question de s'enflammer, il reste encore du travail à accomplir pour devenir un rendez-vous incontournable et de qualité. Tout le contraire des nouveaux quotidiens sportifs par exemple...

En quelques mots, pourriez-vous présenter votre émission «Canal Football Club» à des personnes qui ne la regardent pas forcément ?
Toutes ces personnes là ont tort de ne pas la regarder (rires) ! C’est difficile de présenter cette émission en quelques mots. Tout d’abord, nous sommes aujourd’hui la seule émission du PAF à avoir l’exclusivité de tous les buts de la Ligue 1. Nous avons absolument tous les buts, toutes les images de cette compétition. De plus, si l’émission se veut d’être distrayante, ce n’est pas pour autant un divertissement. Il faut que le téléspectateur puisse passer un moment agréable en la regardant, tout en restant en phase avec les valeurs de Canal Plus qui sont tout de même le goût pour l’expertise et l’analyse du football.

Beaucoup de consultants prennent place sur le plateau justement…

Nous avons effectivement un staff d’experts. Il y a Olivier Rouiller, Didier Deschamps, Bixente Lizarazu, Gilles Veissière. On nous a récemment piqué Alain Perrin (parti à l’AS Saint-Etienne), il y a même des transferts au «Canal Football Club» (rires). Même si nous demandons aux journalistes d’être les plus rigoureux possibles, la parole des vrais experts est toujours précieuse. C’est la raison pour laquelle Zinedine Zidane sera l’invité de l’émission du 14 décembre prochain en tant que «guest-expert». Cette émission permet donc, sans être un «talk», l’échange de paroles autour du football. Cela dit, nous essayons aussi d’être attentifs au rythme de l’émission et surtout à l’équilibre entres les reportages et le plateau. C’est une émission où nous sommes en ce moment sur un pourcentage de deux tiers d’images. Nous sommes donc là pour donner du sens aux images et les décrypter.

C’est la première émission sportive sur Canal Plus en public. Pourquoi cette volonté ?
Outre le fait que l’émission soit intégralement en clair et en access prime-time, cette émission en public représente une véritable rupture avec les autres émissions sportives que l’on peut trouver sur Canal Plus. C’était au départ une volonté de Cyril Linette, le directeur des sports de la chaîne, qui souhaitait quelque chose de nouveau. On voulait faire une sorte de «show» comme on peut le voir en Italie ou en Allemagne, avec un cadre festif. On a tout de même plus de 350 personnes présentes chaque semaine. Une véritable ambiance de stade, sans les fumigènes heureusement (rires). Le public est chaleureux et vit le match.

Vous co-présentez l’émission en compagnie d’Isabelle Moreau. Un peu de douceur dans ce monde de brutes ?
Pourquoi une femme ne serait-elle pas capable de parler de football ? On voit de plus en plus de femmes dans les émissions de sport. Canal Plus essaie par ailleurs d’avoir une légère avance sur le mouvement. Nathalie Ianetta est aux commandes depuis cette saison de « L’équipe du dimanche », Valérie Amarou présente chaque semaine le «Samedi sport» et Isabelle Moreau partage donc avec moi la présentation du «Canal Football Club» tous les dimanches. Dès lors qu’une fille est jolie et sur un plateau télé, on l’assimile à la potiche de service. Je trouve ce genre de commentaires totalement injurieux. Isabelle Moreau a un rôle plus qu’actif dans l’émission puisque c’est elle, par exemple, qui lance tous les sujets. Nous nous entendons très bien, et l’émission de cet été «Beijing Soir» [Hervé Mathoux et Isabelle Moreau l’ont présentée ensemble durant les Jeux Olympiques de Pékin, ndlr] nous a permis de trouver la bonne formule et d’avoir un bon feeling.

L’émission a battu son record d’audience dimanche 16 novembre (1,7 millions de téléspectateurs, 6.2% de PDM). Comment expliquez-vous l’adhésion aussi rapide du public à l’émission ?

Ces chiffres là ne sont que des moyennes. L’émission atteint des pics d’audience beaucoup plus importants puisqu’elle peut rassembler jusqu’à 2,4 millions de téléspectateurs. Mais on peut encore faire mieux, en attirant notamment des gens qui ne sont pas abonnés à Canal+. Le sport en clair sur notre chaîne, juste après les matchs de 17h, n’est pas encore évident pour tout le monde et n’est pas encore totalement rentré dans les esprits. Maintenant, si le «Canal Football Club» n’est pas encore un rendez-vous incontournable et clairement identifié, ses bons débuts sont dus, je pense, au fait que nous sommes la seule fenêtre en clair de la Ligue 1, l’équivalent de ce qu’était «Téléfoot» il y a quelques années

Quelle est la différence justement entre votre émission et «Téléfoot», «France 2 Foot» ?
C’est difficile de comparer notre émission avec la formule que propose «Téléfoot» aujourd’hui, parce qu’il n’y a presque plus d’images : pas de Ligue 1, pas de Ligue 2, pas ou peu de championnats européens. Ça devient presque une émission de coulisses. Pour «France 2 Foot», je pense que l’émission a eu du mal à se positionner. Ils ont toujours cherché l’équilibre entre être une émission du lendemain ou pas, s’il fallait présenter les rencontres en prenant en compte que les spectateurs connaissaient ou non les résultats. Ce qui me frappait, c’est que leur sommaire insinuait les résultats et que leurs résumés ne les annonçaient pas ! Dans le «Canal Football Club», on estime que le dimanche à 19h40, les téléspectateurs connaissent les résultats, hormis pour les matchs de 17h00. On essaie donc d’apporter un plus, mais comment ? C’est une vraie problématique. Les gens maintenant ont accès à internet, peuvent entrevoir les buts et, surtout, nous ne voulons pas faire « Jour de foot » une deuxième fois. Ça n’aurait pas de sens. On doit donc se positionner autrement.

Vous travaillez depuis longtemps dans le football. A force, n’avez pas un regard dépassionné sur ce sport ?

Pas dépassionné par le jeu, puisque sinon je n’aurais pas fait ce métier. On deviendrait fou avec le nombre de matchs que l’on voit. En revanche, mon regard diffère de celui que j’avais au départ, celui du supporter. Il est vrai que, devant un match de Ligue 1, je ne serre pas les dents quand il y a une occasion. Je ne saute pas au plafond quand il y a un but. Quand je dois préparer une émission, je suis dans l’optique de trouver ce qui a été intéressant dans le match pour en faire un bon éditorial. Le professionnel prend facilement le dessus. C’est différent lorsqu’une équipe française joue en coupe d’Europe. Là, je vibre, que ce soit pour Lyon, Marseille, Bordeaux ou Paris…

En parlant d’Europe, vous avez présenté pendant six ans «L’équipe du dimanche». L’émission ne vous manque-t-elle pas trop ?

Je continue à regarder «L’équipe du dimanche» et j’y prends beaucoup de plaisir. Je dois m’y intéresser dans la mesure où je m’occupe aussi des soirées Ligue des Champions. C’est une émission que j’ai adoré présenter pendant six ans. Je n’ai pas du tout été lassé parce que la matière y est extrêmement riche. Avec quatre championnats, il se dégage toujours des choses étonnantes et exceptionnelles. Présenter une autre émission était un nouveau challenge et l’occasion de voir quelque chose de différent. C’est donc une évolution logique.

Quel consultant vous manque le plus de «L’équipe du dimanche» ?
Tous mes enfants chéris me manquent ! Mais je continue à les fréquenter, même si je les vois moins étant accaparé par autre chose le dimanche. C’est une équipe pour laquelle j’ai beaucoup d’affection. Bien que je sois loin d’eux, je conserve un regard bienveillant sur eux.

Canal Plus ne détient plus le monopole de la Ligue 1. Une nouvelle chaîne a vu le jour depuis le début de la saison : Orange Foot. Est-ce bénéfique pour les téléspectateurs ?
Je ne crois pas. Dans la mesure où quelqu’un souhaite suivre de manière exhaustive le championnat de France, il devra s’abonner à deux offres et donc payer deux fois. Si en plus, si son fournisseur d’accès à internet n’est pas Orange, il doit se désengager avec son FAI actuel pour prendre un abonnement à la télévision chez cet opérateur. C’est difficile de dire que c’est une bonne nouvelle pour le consommateur. Il préfère avant tout, je pense, la simplicité, l’accès à tout.

On parle d’audiences catastrophiques (13.000 téléspectateurs pour un match). Est-ce un manque de qualité ?
Attention, là on parle de chiffres et non de qualité. Ils débutent et ont peu d’abonnés. C’est logique qu’il y a ait peu de monde pour voir les matchs sur la chaîne : ils ont beaucoup d’argent… et un stade vide ! Maintenant, c’est plus embêtant pour les fans de football car ils ont l’impression de ne pas avoir accès aux matchs même si les images sont diffusées peu après dans «Jour de foot» pendant une dizaine de minutes. C’est peu, surtout pour les supporters. Après, pour la qualité, c’est difficile de juger puisque personne ne voit ces matchs ! De ce que j’ai vu, (il baisse le ton) je ne pense pas que ce soit révolutionnaire…

Deux nouveaux quotidiens sportifs ont fait leur apparition : «Le 10 sports» et «Aujourd’hui sport», vous avez pu les feuilleter un peu ?

Oui… Je reste un peu déçu de leur positionnement qui reste plutôt bas de gamme. Je pense que «L’équipe» n’a pas à trembler pour l’instant. De plus, les unes de ces deux journaux se rapprochent plus du magazine que du quotidien. Un magazine de plus… Michel Moulin ne semblait pas satisfait des premiers numéros du «10 Sport», je le comprends ! Je ne suis pas sûr que les lecteurs se jettent dessus.

 

Retrouvez Hervé Mathoux tous les dimanches à 19h40 sur Canal Plus.

 

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