Charles Biétry : «L’Equipe ne peut plus être seulement un journal»
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Écrit par Jean-Luc Puyo et Jeoffrey Voltzenlogel   
Samedi, 26 Juin 2010 11:38
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Jean-Luc Puyo et Jeoffrey Voltzenlogel


Charles Biétry nous a ouvert les portes de l'Equipe TV, dont il est directeur éditorial, pour répondre en exclusivité à Sports INTALK. Jeune grand-père, l'ancien président du PSG semble plus que jamais épanoui et heureux de baigner dans ce milieu qui lui tient tant à coeur. Rencontre avec un passionné.

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Depuis votre arrivée à l’Equipe TV, ce n’est pas une révolte, c’est une révolution Charles.

Non, il y avait déjà une équipe de qualité qui travaillait. Simplement, j’ai eu la chance d’arriver avec plus d’expérience que les autres. En fait, je ne sais pas si c’est de la chance, j’aimerais mieux avoir vingt ans (sourire). J’ai vu beaucoup de choses à la télévision et je me suis rendu compte qu’on pouvait avoir de l’ambition ici. Les gens ont entre vingt et trente ans et m’ont donné envie. Envie de revivre une aventure, de chercher des choses nouvelles, des programmes nouveaux. Je me sens rajeuni.

On sent la patte Biétry tout de même…

Je ne vais pas dire que je n’ai rien fait depuis mon arrivée ici… Mais on exploite des potentiels qui ne s’étaient pas encore révélés.

Quel est l’objectif de cette chaîne new-look ?

L’Equipe TV est sans doute la chaîne qui a le plus petit budget dans sa catégorie, et il s’en faut de beaucoup.

L’objectif, c’est d’exister ! On est dans un univers concurrentiel très important. Mais j’ai décidé qu’il fallait faire de l’information de sport, et le mieux possible. Mais on ne peut pas se contenter de ça. Il y a mille moyens d’avoir l’information. Quand on passe chez nous, il faut qu’on sache qu’on aura le résultat dans n’importe quel sport. Pour cela, on a mis au point des soirées qui sont de vrais programmes de télévision, mais sans le budget. Et on a inventé des docu-réalités dans le football et le rugby amateur. La saison prochaine, on ira peut-être dans les sports de combat et le cyclisme. Puis, on a fait des émissions sur les médias, on a reçu des personnalités dans le Forum SFR-L’Equipe. Bref, on invente. On est une chaîne d’information. Mais de 19h à minuit, on est une vraie chaîne télévisée qui parle de sport.

On parlait de budget, vous disposez de très peu de moyens ici…

C’est moins que ça. Il faudrait trouver un adjectif entre «pas» et «peu» ! L’Equipe TV est sans doute la chaîne qui a le plus petit budget dans sa catégorie, et il s’en faut de beaucoup. Pendant la Coupe du Monde, je m’occupe d’une émission quotidienne en direct de 2h30. Le seul élément de décor qu’on a, c’est un tableau noir en bois avec sa craie. On a ça parce qu’on ne peut pas avoir la grande palette ni le faisceau satellite qui descend de l’hôtel des Bleus. Ca nous contraint tous les jours à être ingénieux, tout en sachant qu’il faut satisfaire des gens extrêmement différents.

Qu’est-ce que vous aimeriez dire aux gens qui ne regardent pas l’Equipe TV ?

Qu’ils viennent regarder juste une fois. Une fois ! Je n’en demande pas plus. Juste une heure, entre 19h et 20h. Ils verront qu’ils auront de l’information, qu’ils auront des émissions et qu’ils prendront du plaisir. Ils n’entendront pas de hurleurs faire de la surenchère populiste sur le sport à longueur de temps. Nous, on ne se moque de personne, on n’insulte personne. On adopte un ton avec de la réflexion, mais aussi de la passion pour le sport.

Quand on parle de l’Equipe TV, on pense au quotidien l’Equipe. Quels sont vos liens ?

Le nom… Depuis que je suis arrivé, je me bats pour que les liens soient beaucoup plus forts. On a fait 5% du chemin. La force du groupe devrait être beaucoup plus importante qu’elle ne l’est aujourd’hui. Tout le monde doit comprendre que L’Equipe ne peut plus être seulement un journal. Les temps ont changé. C’était formidable, mais le journal ne peut plus vivre seul. Et L’Equipe a la chance d’avoir sa télévision et son site internet. Tout cela fait partie à part entière du groupe. On ne doit pas être un petit cousin éloigné qu’on voit une fois par an à Noël.

Ca vous donne peut-être une crédibilité supplémentaire de vous appeler L’Equipe ?

Il y a des jours où les partis pris (du journal L'Equipe) font que c’est compliqué d’être à l’Equipe TV.

Des jours oui. Et puis des jours où c’est un peu plus complexe. Ce n’est pas une histoire de crédibilité, mais il y a des jours où les partis pris font que c’est compliqué d’être à l’Equipe TV. C’est là qu’il faut rappeler que chacun a sa vie, chacun a son passé. Alors bien sûr, on est solidaire de l’entreprise pour laquelle on travaille. Mais on n’est pas obligé d’avoir exactement la même ligne de pensée.

Le seul quotidien sportif en France, c’est plus un avantage alors…

On dit toujours qu’il faut de la concurrence, qu’on soit trois ou quatre. Mais il vaut mieux être seul et avoir un million de lecteurs, plutôt que d’être quatre et de n’en avoir que 80.000. Personnellement, je n’ai pas besoin de concurrence pour essayer de travailler du mieux possible.

Un quotidien sportif souvent en conflit avec les joueurs, entraîneurs, dirigeants...

C'est triste... Les responsabilités sont partagées. Ca ne peut pas être que de la faute des joueurs, ni de la faute des journalistes. Et puis, le mot journaliste regroupe beaucoup de monde en ce moment. Certains auraient eu bien du mal à l'être à d'autres époques.

Charles Biétry, sur son court passage en tant que président du PSG (1998).

 

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